Percer les secrets d'un intestin poreux avec le docteur Ledoux : causes, symptômes et solutions efficaces
Votre paroi intestinale est-elle trop perméable ? Ne l’ignorez surtout pas ! Avec Christian Ledoux, médecin, vous allez tout savoir sur l’intestin poreux.
Vous êtes constamment en proie à des problèmes digestifs, vous vous sentez ballonné et mal à l'aise après chaque repas, ou encore vous souffrez d'allergies, de maux de tête, de fatigue, de problèmes de peau, de jambes qui grattent, etc. Vous avez peut-être l'intestin poreux. Cela touche beaucoup de personnes et, paradoxalement, c'est assez mal connu. N'ayez crainte, avec le docteur Christian Ledoux, médecin, nous allons percer les secrets de ce mystérieux syndrome dans votre nouvelle interview Nutrastream.
Bonjour à toutes et à tous, je suis ravi de vous retrouver pour cette nouvelle interview Nutrastream avec un professionnel de santé. Aujourd'hui, nous accueillons le docteur Christian Ledoux, médecin nutritionniste, micro-nutritionniste et spécialiste du « Leaky Gut » (aussi nommé intestin poreux). Donc l'intestin qui fuit littéralement. Bonjour Christian.
Christian : Bonjour Mathieu, bonjour à toutes et à tous
Mathieu : merci beaucoup en tous les cas d'avoir accepté mon invitation. Aujourd'hui, c'est un cadre particulier, puisque tu nous accueilles dans ton cabinet. Donc merci beaucoup pour cette nouvelle interview Nutrastream. Aujourd'hui, on va parler de l'hyperperméabilité intestinale. On va parler des causes, des conséquences. On va vous donner quelques solutions. Alors bien sûr, je précise que cela ne remplace pas une consultation auprès de son professionnel de santé, auprès de son médecin. C'est très important, parce qu'il pose très souvent, bien sûr le diagnostic. Et l'hyperperméabilité intestinale, c'est un sujet quand même assez complexe. On va le voir, il n'y a pas forcément de consensus scientifique. On va en discuter justement tout au long de cette interview. On va vous aider. Donc plongeons ensemble dans ce voyage pour une meilleure prévention santé. Et justement, on va regarder tout ça sur l'intestin qui fuit. Et donc la première question que j'ai envie de poser Christian, c'est « qu'est ce que c'est finalement l'intestin poreux ? »
L'intestin poreux, c'est quoi ?
Christian : Alors là, on dit « intestin poreux » ou « intestin hyper-poreux ». L'intestin est naturellement perméable de manière physiologique, mais quand il pour x raisons, dont on en parlera, il peut devenir « hyperperméable » et à ce moment-là, il laisse passer beaucoup de petits débris au niveau alimentaire ou autre, à travers la barrière intestinale qui est très fine. Et ça peut être la conséquence ou le départ de nombreuses pathologies. C'est un …, on peut dire que c'est une pathologie qui est très fréquente, beaucoup sous-estimée. Moi, je l'estime et ça va peut-être choquer, mais à 80 % de la population à Paris. On est tous plus ou moins hyper perméables à quelque chose, à quelques produits. Et tout ça ce sont, à mon avis, les conséquences de notre mode de vie.
Mathieu : On va parler des conséquences après justement, des causes aussi. Alors, très rapidement, ce qui se passe en fait, c'est qu'au niveau de l'intestin, on a des jonctions qui sont très serrées.
Christian: On va en parler, oui voilà.
Mathieu : Et justement, je faisais cette erreur sur les réseaux sociaux. Christian me reprenait à plusieurs reprises en me disant : « Attention, l'intestin est perméable, c'est quand il est hyperperméable. », Est ce que tu peux nous en dire plus ?
Christian : Il faudra s'entendre sur le terme intestin. Ce qui m'intéresse dans l'intestin, c'est la portion de l'intestin grêle. L'estomac ou le côlon ne m'importe pas, c'est la barrière de l'intestin grêle. La barrière de l'intestin grêle, il faut savoir que c'est une monocouche cellulaire. L'épaisseur correspond à 400ᵉ de millimètre, ce qui équivaut à un quart de l'épaisseur d'un papier à cigarette. Donc, vous imaginez la finesse et la résistance à la fois de cette paroi. C'est une monocouche de cellules qui sont reliées entre elles par ce qu'on appelle des « jonctions serrées », et l'étanchéité se fait par des jonctions serrées. Et le passage, la perméabilité physiologique se fait par les cellules. Par les cellules passent tous les nutriments, ce qui va nous nourrir. Les jonctions serrées sont très étroites, où ne peut passer que des molécules de 60 angström de taille, ce qui correspond à six nanomètres. Donc c'est vraiment des particules très très étroites. Et c'est ces jonctions serrées, pour différentes raisons, dont nous allons parler, qui vont éclater et qui vont rendre l'intestin hyper-poreux ou hyperperméable et qui vont laisser passer ce qu'on appelle les « Xénobiotiques », qui vont gagner notre système immunitaire et des réactions en chaîne.
Mathieu : Donc finalement, on se rend compte que l'intestin est le lit quand même de nombreux inconforts physiologiques, voire même de maladies si on n'en prend pas soin.
Christian : Disons que c'est à l'origine de très nombreuses pathologies. Je considère en gros que chez les plus des trois quarts des pathologies réelles, je ne parle pas des pathologies fonctionnelles réelles, viennent de cette hyper porosité intestinale par l'apparition de phénomènes immunologiques, inflammatoires et autres. Mais on fera la liste des pathologies s'il faut. Donc que le but est de travailler sur cette porosité intestinale et de la rendre à nouveau physiologique et calmer cette hyper porosité par différentes méthodes. Mais ça aussi, c'est prévu qu'on en parle.
Conséquence de l'hyperperméabilité intestinale
Mathieu : Donc on se rend compte finalement que l'intestin laisse passer des choses. Mais c'est lorsqu'il laisse passer des choses qui ne devraient pas passer ou là, ça pose problème. Je rappelle que le système immunitaire se retrouve à plus de 70 % au niveau de l'intestin. Donc effectivement, il faut faire très très attention. Il peut y avoir un système immunitaire qui peut être alerte, si l'intestin est hyper poreux. Est-ce que tu peux nous donner les conséquences d'un intestin poreux ? On va partir de l'inconfort déjà physiologique, comme par exemple la fatigue, j'imagine, jusqu'à vraiment la maladie, les maladies.
Christian : Bon, il faut savoir une chose, c'est que notre système immunitaire n'accepte que les nutriments. Ce qui va nous nourrir. C'est à dire quand on mange un aliment, on le digère. Il y a des nutriments qui passent à travers des cellules. Les nutriments sont les vitamines, les oligoéléments, les minéraux, tout ce que notre corps fait. Contre ces nutriments, nous n'avons pas de réaction immunologique. Mais quand l'intestin devient hyper poreux, que ce sont des débris alimentaires, des toxines, des parasites, des bactéries, là le corps, notre corps ne le reconnaît pas. On va faire des réactions immunologiques, des anticorps qui sont inflammatoires. Et c'est à partir de ces anticorps que vont se déclencher beaucoup de pathologies. Alors, l'un des premiers signes, qui est à peu près constant de l'intestin hyper poreux, c'est la fatigue. Pourquoi la fatigue ? Parce que le premier organe qui suit l'intestin est le foie. Le foie est notre premier filtre et là, il est surchargé par ce qu'on appelle des Xénobiotiques, qui sont tous ces corps un peu malvenus ou étrangers qui viennent. Et ça surcharge la fonction hépatique. Même si on fait des bilans hépatiques, ceux-ci sont normaux. Mais notre foi est en souffrance. Le foie est un filtre et sur un filtre, même sur un moteur de voiture, lorsque le filtre est encrassé le moteur il tourne pas rond. Et bien chez nous, c'est pareil. Quand notre foie est en surcharge de travail, il ne tourne pas rond. Il faut savoir aussi que la détoxification hépatique se fait en deux temps et se fait de manière nocturne. Au changement de la détoxification en phase I, phase II, c'est le moment où on se réveille quand on est en surcharge hépatique. On se réveille toujours vers à peu près la même heure, 1 h et demie, 2 h du matin et ensuite on a un sommeil qui haché et on se rendort au moment où il faut se lever. Et comme la détoxification se fait mal, on est toujours en terrain acide. On se réveille avec des courbatures, des raideurs dans le dos qui disparaissent au bout de 5 à 10 minutes. Mais ça, c'est un déjà un des premiers signes d'hyperperméabilité intestinale.
Mathieu : D'accord. Et les conséquences sur le long terme, alors que l'on peut parler par exemple de migraine.
Christian : Les conséquences sur le long terme sont multiples et très très variées. Parce que normalement, quand il y a une hyperperméabilité, il y a la création de ces immunoglobulines inflammatoires qui sont circulantes, qui peut être à l'origine de beaucoup de pathologies. Soit des pathologies cutanées, des pathologies neuronales, des pathologies nerveuses, migraines, douleurs, des problèmes de peau, d'eczéma, des problèmes de passage de toxines, des problèmes de passage de mycose et les champignons, les fameux Candida albicans, dont on parlera, traversent la barrière intestinale, et ils vont migrer. Il y a un endroit qu'ils aiment beaucoup chez la femme, c'est le vagin. Et les vaginites à répétition viennent du ventre. Il y a aussi le phénomène qui est très particulier, c'est que quand la paroi… quand les protéines de jonction éclatent, il peut y avoir des réactions de anticorps anti protéines de jonction. Et ça, c'est très complexe, qui peuvent aller s'attaquer aux jonctions d'autres organes et ainsi commencer à les détruire. Et c'est le début des maladies auto-immunes.
Mathieu : Alors je mettrai une publication à ce sujet justement et il y en a sur Pubmed
Chrsitian : On en parle de plus en plus. On sait maintenant que la maladie de Hashimoto, à 100 %, vient de l'hyperperméabilité intestinale, le parkinson, certaines formes d'autisme. On sait que la sclérose en plaques peut, c'est pris encore avec guillemets, venir de là. Les maladies rhumatismales comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, les maladies comme la maladie de Crohn, la maladie de la rectocolite hémorragique. Tous ont une origine au niveau de l'intestin poreux. Bien sûr, il y a des facteurs génétiques qui interviennent. Et certaines personnes qui sont plus ou moins prédisposées. Mais le déclenchement se fait par l'intestin poreux.
Mathieu : Donc il faut prendre soin de votre système digestif. On en parle très souvent sur Nutrastream pour, donc là, on a parlé de quelques conséquences. J'imagine qu'il y a pas mal de choses.
Christian : Alors on peut parler du confort intestinal.
Mathieu : Oui, tout à fait.
Les principales causes d'un intestin qui fuit

Christian : L'Hyperperméabilité intestinale alors elle peut être la conséquence ou la cause d'une perturbation du microbiote, qu'on appelle une dysbiose. Cette perturbation du microbiote, la dysbiose, a beaucoup d'origine. Ça peut être d'origine alimentaire, par de l'alimentation moderne, ultra-transformée, la destination de nombreux toxiques, d'alcool en excès. Ça peut être aussi des causes médicamenteuses, comme les médicaments, les antibiotiques, les anti-inflammatoires, les corticoïdes, les antidépresseurs. C'est soumis à discussion. Les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) qui, pour moi, sont responsables en grande partie du SIBO, dont on parle beaucoup mais n'explique pas très bien les causes. Et à mon avis, c'est les IPP qui sont en grande partie responsables. Il y a d'autres facteurs, des facteurs plutôt physiques, par exemple les personnes qui sont dans le personnel aérien volant, les hôtesses de l'air, les pilotes de ligne parce qu'ils vivent dans une atmosphère qui est à 2000 mètres. Ils sont en hypoxie. Ça entraîne une hyperperméabilité, des grands sportifs pour des raisons mécaniques de déplacement de la masse sanguine et de leur sécrétion en milieu acide, ils provoquent une hyperperméabilité. Il y a les anesthésies générales. Est ce qu'il y a d'autres ? J'en oublie sûrement, mais il y a beaucoup de facteurs comme ça qui sont responsables de la dysbiose. Ensuite, il y a un équilibre aussi au niveau de notre intestin entre la candidose et les probiotiques. Suite à des traitements antibiotiques, le microbiote est réduit, Les champignons ont tendance à se multiplier et en milieu acide oxydés, eux, quand ils sont implantés, ne bougent pas. Et donc, leur milieu acide entretient l'hyperperméabilité. Au niveau alimentaire, il n'y a que deux aliments, à mon avis, qui augmentent la perméabilité. Il y a le gluten. Le gluten a une action directe, et aussi indirecte, par la synthèse de la zonuline au niveau hépatique, qui provoque l'éclatement de la barrière des protéines de jonction. Et le poivre, parce que le poivre est un facilitateur de traversée de la barrière intestinale.
Mathieu : C'est très intéressant pour le poivre, justement dans mes différents post, je dis attention à la curcumine quand il y a de la pipérine, parce qu'en fait on augmente de manière artificielle l'assimilation. Je vous en avais parlé. Très clairement un bon curcuma, quand c'est bien fait, il n'y a pas besoin de pipérine. Aujourd'hui, on arrive à le rendre beaucoup plus biodisponible. Ça, c'était il y a 15 ou 20 ans, quand on n'avait pas d'autres solutions. Maintenant qu'on en a, il n'y a aucun intérêt aujourd'hui à mettre de la pipérine. Et malheureusement, le poivre augmente artificiellement l'espace, on va dire entre eux.
Christian : Entre les jonctions.
Mathieu : Entre les jonctions.
Christian : Le poivre été mis présentement en valeur, grâce ou à cause, je ne sais pas ce qu'il faut dire, de David Servan-Schreiber quand il avait fait son livre sur le Guérir où il parlait du curcuma. Et il disait qu'il fallait poivrer. Et beaucoup de personnes ont pris du poivre indirectement avec le curcuma. Ils disaient « Je ne supporte pas le curcuma », mais quand on regarde la composition, c'était surtout à cause du poivre. Parce que le curcuma, on le supporte bien. Mais c'est quand il y a de la pipérine associée qui fait qu'on ne supporte pas le curcuma.
Mathieu : On est d'accord.
Christian : Il faut mettre un petit point là-dessus et corriger les bases. Aujourd'hui, encore ce matin, quelqu'un m'a dit « je ne supporte pas le curcuma ». Et elle me disait le produit, il y avait du poivre dedans. On vous en trouver un sans poivre, vous allez voir, vous allez très bien le supporter.
Mathieu : Exactement un bon curcuma, un curcumine c'est sans poivre, comme je vous le dis à chaque fois, sans pipérine. Et est-ce que tu peux nous citer d'autres causes possibles qui peuvent amener à cet intestin poreux, on a parlé des xénobiotiques ?
Christian : Il y a une cause qui est de plus en plus fréquente, mais malheureusement grâce ou à cause de notre mode de vie, c'est le stress. Le stress est un pourvoyeur de facteurs de neurotransmetteurs hyper acides à nommer en terrain acide. Cette acidité perturbe notre microbiote. Le microbiote est perturbé et le stress favorise les poussées de candidose. Et là, on est dans un cercle vicieux. Alors c'est très difficile d'empêcher un stress parce qu'il y a des stress positifs, des stress négatifs, mais ils ont le même impact sur le tube digestif. Alors on peut protéger l'impact du stress, mais on ne peut pas empêcher le stress. Et ça, on en parlera dans les moyens de guérison. Sinon, je crois qu'on a fait à peu près le tour des causes.
Mathieu : Est ce qu'on peut parler aussi de la contamination des eaux ? Est-ce que c'est plutôt en lien avec le microbiote ? Je parle notamment des pesticides, du chlore et cetera.
Christian : On a parlé tout à l'heure des facteurs qui provoquent la dysbiose. On a parlé des pesticides, on a parlé de l'alimentation ultra transformée, des choses comme ça. C'est vrai qu'on vit dans un monde qui est contaminé, qui est pollué, qui est transformé entièrement et on n'est plus tellement adapté à bien assimiler ça. Et c'est notre barrière intestinale qui est le premier rempart entre le monde extérieur et nous. Et c'est cette barrière intestinale qui souffre et qui éclate. D'où l'intérêt de l'entretenir, pas seulement de la réparer, mais de l'entretenir. On doit toute sa vie, entretenir sa barrière intestinale.
Mathieu : Merci beaucoup Christian. C'est très très intéressant. Comme toujours, prenez soin de votre deuxième cerveau. Il y a pas mal de contenu à ce sujet.
Christian : C'est le premier cerveau.
Mathieu : C'est le premier. Vous entendez ? Docteur Ledoux nous dit, c'est le premier cerveau !
Christian : Premier cerveau. Et là, c'est le deuxième. Celui-ci interprète ce qui se passe là. D'ailleurs, il y a une liaison constante entre le ventre et le cerveau par le nerf vague. C'est 80 % de l'information qui partent du ventre et qui vont au cerveau et 20 % pour l'inverse. C'est vraiment notre intestin qui commande notre cerveau.
Mathieu : Alors vous n'avez plus le choix, il faut prendre soin de votre tube digestif. Est ce qu'on peut dire que, par exemple, un reflux acide peut être la conséquence de l'hyperperméabilité intestinale ?
Christian : Oui, on peut le dire de manière indirecte, parce que souvent le reflux acide est dû à la candidose digestive. Le champignon ne vit qu'en milieu acide oxydé et il entretient ce milieu-là. Et quand on traite une candidose digestive, dans la plupart des cas, on guérit du reflux acide. Alors le pire, c'est quand on veut traiter un reflux acide avec des IPP. C'est la dernière chose à faire. Parce que moi, je ne vais pas me faire que des amis, je sais, mais ce n'est pas grave. Quand on traite avec des IPP, c'est vrai, on calme l'acidité, mais c'est comme si votre dentiste vous traitait une carie dentaire avec de l'aspirine en disant « prenez ça et vous n'aurez plus mal ». Mais la carie évolue quand même. Et mais en plus en prenant des IPP, on détruit le microbiote. On favorise la candidose et tout revient. Donc pour moi, la pire des choses c'est de traiter un reflux acide avec des IPP sans réfléchir à la cause.
Mathieu : Oui ça c'est compliqué, effectivement. Alors je rappelle pour les personnes qui nous écoutent, n'arrêtez surtout pas un traitement, évidemment. Parlez-en à votre médecin. Vous pouvez aussi en parler à votre pharmacien qui peut vous trouver des solutions intermédiaires. Le temps de creuser les causes, c'est très important, effectivement. Et je parlerai bientôt aussi avec un gastroentérologue, pour tous ces reflux et ces effets malheureux.
Christian : Il ne faut jamais se contenter de faire un traitement de la symptomatologie. Il faut comprendre pourquoi et comment ça se passe, et c'est en traitant les causes qu'on guérit. Ce n'est pas en traitant le symptôme qu'on masque la pathologie.
Intestin poreux : vos solutions
Mathieu : Tout à fait. Alors on va passer aux solutions. Troisième partie de ce podcast. Donc on a intestin poreux. On parlera ensuite, j'ai vu dans les questions que vous nous avez posées, les tests, donc on va en parler évidemment. Alors on va donner quelques solutions mais le mieux, quand on a une hyperperméabilité intestinale, en tous les cas à mon sens, et Christian, tu me diras, c'est d'être accompagné. Vous n'avez pas le choix parce qu'il y a quand même tout un protocole à mettre en place. Mais déjà, est ce que tu peux donner des solutions pour une personne qui va bien et qui se dit « je veux me maintenir en bonne santé » et une personne qui pense avoir une hyperperméabilité intestinale, qu'est-ce que toi tu proposes ?
Christian : Alors il faut déjà savoir de quoi se plaint la personne déjà. Ensuite, faire la preuve biologique d'une hyperperméabilité intestinale, c'est très difficile. Il y a beaucoup de tests. Personnellement, je n'en fais qu'un. Un qui est très controversé ou qui prête à discussion mais qui à mon avis, est le seul, le vrai marqueur de l'hyper perméabilité intestinal. J'expliquais tout à l'heure qu'il y avait de passage des xénobiotiques que notre corps ne reconnait pas et on fait des anticorps. Donc il faut aller chercher quels sont les anticorps. Et la présence des anticorps anti-aliments en particulier est le signe de l'hyperperméabilité intestinale. Vous ne pouvez pas faire d'anticorps anti-aliments si aucun aliment traverse la barrière intestinale. Donc ça c'est une chose. C'est vrai que les tests peuvent prêter à confusion parfois, mais pour moi, c'est un marqueur indispensable. Et il faut savoir une chose c'est appelé comme test, « le test des intolérances alimentaires ». À mon avis, c'est très, très mal intitulé. Jamais on n'aurait dû appeler ça comme ça. On aurait dû appeler ça plutôt test d'hyperperméabilité intestinale parce qu'on ne peut pas parler d'intolérance alimentaire. Au contraire, ce qui traverse votre intestin, ce sont les aliments que vous mangez le plus et que vous aimez bien et qu'apparemment, je dirais bien, apparemment à l'exception du blé enrichi en gluten qui peut donner des inconforts. C'est pour ça que beaucoup de personnes se mettent au sans blé ou au sans gluten, de manière empirique parce qu'ils se sentent mieux quand ils arrêtent. Mais il faut savoir que c'est, tant que vous mangez ces aliments là, vous entretenez votre hyperperméabilité intestinale. Or, si vous entretenez l'hyperperméabilité intestinales, c'est très difficile de la réparer en même temps. Donc, il faut faire le test, savoir quels sont les aliments qui traversent, faire l'éviction temporaire de ces aliments-là. Le temps de commencer un traitement. J'appelle ça la technique du ravalement. On fait un nettoyage des inflammations et des infections. Ensuite, on traite en profondeur la candidose parce que même si on ne la retrouve pas systématiquement, je la traite parce qu'elle n'est pas toujours repérable par des tests qui, pour moi, ne sont pas fiables. Puis on traite en nourrissant les cellules qui participent aux protéines de jonction avec de la glutamine. Le temps qu'il faut et ensuite seulement, on réintroduit des souches de probiotiques que l'on choisit en fonction de la demande, en fonction des ballonnements, des selles, de la fréquence. Enfin, il faut interroger les patients et choisir les souches, parce que toutes ne se valent pas. Chacune a sa fonction. Il faut bien choisir les mélanges des souches. Heureusement, il y a des laboratoires qui font ça très bien, mais ça, chaque médecin aura ses préférences.
Christian : Tout à fait attention aux souches de remplissage. N'hésitez pas à aller voir, dans les différents épisodes de Podcast, ou alors sur YouTube, je vous ai déjà fait un post sur la vérité sur les probiotiques, puisque j'en développe, je connais très très bien les coulisses. Donc, attention notamment aux souches de remplissage, effectivement. Donc là c'est intéressant parce qu'il y a, il y a des médecins, que je connais, qui font des tests de LBP zonuline. Des patients qui demandent pour être rassurés. Moi, personnellement, je trouve que quand on a les signes qui sont quand même évidents, et d'ailleurs un médecin c'est quand même son rôle de regarder la clinique avant tout, il vaut mieux dépenser son argent dans ces tests, que je vais appeler hypersensibilité alimentaire, mais c'est pas mal de marqueurs d'hyperpermabilité intestinale. Je crois que je vais utiliser le terme dorénavant. Je trouve plutôt pas mal et ça permet au moins d'éviter les aliments, en attendant de les réintroduire selon un protocole. Est-ce que tu peux, puisqu'on est sur Nutrastream, évidemment on a parlé des probiotiques, quels sont comme ça deux ou trois ingrédients de santé naturels que tu trouves intéressants dans le cas de l'hyperperméabilité intestinale ? Sans bien sûr communiquer un protocole, je rappelle qu'ici c'est vraiment à but informatif.
Christian : Alors, personnellement, je fais la désinfection avec d'abord avec des huiles essentielles.
Mathieu : ok
Christian : Un mélange d'arbres à thé, d'origan, de cannelle, d'aromates et choses comme ça. Et ça, en même temps que la désinfection pure, je donne une désinflammation, parce qu'on traite beaucoup plus facilement une infection, quand on traite l'inflammation en même temps. Et pour ça, je me sers d'enzymes : bromélaïne, papaïne, quelques enzymes digestives, lipases et autres, qui facilitent la digestion. Ensuite, c'est la phase, ce que j'appelle le « coup de Karcher ». Ensuite, il y a une désinfection beaucoup plus profonde parce que le cycle du Candida albicans se fait sur 21 jours à peu près, et il n'est pas toujours sous la « forme fragile, sensible ». Il peut être sous la « »forme spore », la « forme levure », la « forme mycélienne » et il n'a pas la même sensibilité en étant cela. Je fais toujours une cure d'au minimum de deux mois, avec aussi des produits assez spécifiques contre le Candida albicans. On peut prendre l'origan et ça peut être l'ail des ours, ça peut être les pépins de pamplemousse, ça peut être l'acide caprylique, des choses comme ça. Et en même temps, je travaille sur la perméabilité en elle-même, sur la reconstruction avec de la glutamine, associée avec du zinc, avec parfois de la chlorophylle, pour renforcer la barrière intestinale, et ça sur une période de deux mois, en général, ça peut suffire. Si la perméabilité est très importante, on peut faire sur trois mois et seulement après, on choisit les souches.
Mathieu : très bien. Donc, je rappelle évidemment, le mieux c'est d'être accompagné. Voyez c'est vraiment un protocole qui est pas si long que ça finalement et qui naturel en plus. C'est ça qui est bien, je trouve. Et avant de se quitter, nous avons sélectionné trois questions de la part de la communauté. Donc merci infiniment pour votre dynamisme. Donc là, j'ai le document. Alors première question de la part, très intéressante, de la part de TataPai. Donc je vous prie de m'excuser évidemment si je écorche les pseudo.
Vos questions, nos réponses sur la perméabilité intestinale
Mathieu : Différence entre les symptômes d'un déséquilibre du microbiote intestinal et les problèmes d'hyperperméabilité du tube digestif ? »
Christian : On peut dire qu'il n'y a pas de différence parce que ça va ensemble.
Mathieu : Alors est-ce que l'un c'est la cause et l'autre la conséquence ?
Christian : Ça peut être l'un deux. La dysbiose est une cause de l'intestin hyper poreux. Mais si on a l'intestin poreux qui est due à un autre mécanisme physiologique, ça entraîne une dysbiose. Donc les symptomatologie sont superposables. C'est à dire au départ, les gens, les personnes viennent pour des ballonnements, des troubles du transit, des gaz, des selles un peu anarchique. Moi je dit qu'ils ont des selles autonomes, elles font ce qu'elles veulent.
Mathieu : D'accord, voilà, Ok.
Christian : Et c'est alors bien sûr, on peut leur donner des anti diarrhéiques, mais ça ne traite rien. Mais la dysbiose, c'est ça. C'est un dérèglement de notre fonction digestive au début. Et quand on creuse un peu la question, on demande s'il y a eu des reflux acides. Il y a des migraines, il y a des problèmes de peau et des problèmes de mycose. Il y a des problèmes d'humeur variable aussi parce qu'il faut savoir que les neurotransmetteurs comme la sérotonine dopamine sont synthétisé à 90 % au niveau de la barrière de l'intestin grêle et pas du colon comme on a pu entendre. Voilà. Et tout ça entraîne ces réactions, ces moments de, je dis ça prêtre sourire, de pannes de paupière après mangé. Voilà, ça c'est un signe d'une dysbiose Et d'une candidose digestive. L'envie de sucré sans avoir faim. Parce que vos petits champignons dans votre ventre et ce sont des sucres complexes et ils ont besoin de sucres, donc ils sécrètent une toxine quand ils ne l'ont pas. Cette toxine provoque d'abord de la fatigue et le Brain Moving, comme disent les Anglais, ça n'a pas été étudié en France, qui fait qu'on cherche une alimentation sucrée sans avoir faim parce qu'ils sont là dans votre ventre avec leurs petites gueules à attendre que la nourriture arrive. Et quand on leur donne du sucre, un féculent, ils arrêtent de secréter la toxine et ça va mieux. Mais le problème est que ça fait prendre du poids. Et les prises de poids comme ça, souvent, sont dues à un dérèglement du microbiote.
Mathieu : Très intéressant. Merci beaucoup. Alors la question suivante. Tu as déjà répondu, c'est la question de Zedenran, qui dit la dépression peut être la cause ou la conséquence d'un intestin hyper perméable? Oui, et ce qui est intéressant, c'est qu'il y avait une émission il n'y a pas très longtemps sur une chaine publique, parce que je ne fais pas de publicité. Et justement, il y a un psychiatre qui disait, bah aujourd'hui on ne peut plus faire abstraction de l'état du microbiote intestinal dans la dépression par exemple. Il faut absolument regarder aussi de ce coté là.
Christian : Bon pour appuyer ce que tu dis Mathieu, moi je connais deux ou trois psychiatres maintenant, qui avant quand ils voient une nouvelle patiente, une des questions qui leur pose c'est, est-ce que vous avez déjà fait une mycose vaginale? C'est surprenant pour un psychiatre de poser la question. Et quand elles répondent « oui j'en fait à répétition », il dit on va commencer par traiter le ventre. Et il me les envoie. Et je ne dis pas toujours, mais dans les trois quarts des cas, on traite l'hyperperméabilité intestinale, les syndromes dépressifs disparaissent. Bah voilà.
Mathieu : Encore une fois, on retrouve le rôle, très important de l'intestin et de son intégrité. Question intéressante aussi on me pose « Faut-il faire (donc c'est toujours la même personne), faut-il faire l'analyse FUT2 On entend beaucoup parler de FUT2 test génétique.
Christian : Aucun intérêt,.
Mathieu : Aucun intérêt.
Christian : A mon avis, peut être que je me trompe. Peut-être que plus tard ça aura un intérêt, mais au jour d'aujourd'hui je ne fais pas.
Mathieu : Ok, Annetia nous pose la question suivante, qu'est ce qui est le mieux ? (Je sais, on va voir Christian si tu es ok aussi, aligné en tout cas), qu'est ce qui est le mieux contre l'intestin poreux, glutamine ou collagène, sachant que ce ne sera pas suffisant, évidemment, entre les deux ?
Christian : Pour moi c'est la glutamine, mais après avoir traité l'inflammation.
Mathieu : Tout à fait.
Christian : et la désinfection. Car si on donne de la glutamine sans avoir traité la paroi avant, et sans faire les évictions alimentaires, les patients vont dire que ça ne fonctionne pas.
Mathieu : Merci beaucoup Christian pour toutes ces informations. Je trouvais ça vraiment très instructif. Alors toi, tu consultes à Paris Christian Ledoux. Je vous mets également en descriptif de ce podcast un article sur la digestion : « Voyage au centre de votre digestion » pour en savoir un peu plus sur le tube digestif. Merci beaucoup Christian.
Christian : Merci à toi Mathieu et au plaisir.
Mathieu : Merci beaucoup. Pour la prochaine interview avec un professionnel de santé. On va retrouver un médecin chirurgien plasticien. On va vous parler du collagène pour l'élasticité, la beauté et la souplesse de la peau. Donc n'hésitez pas, bien sûr, à vous abonner sur YouTube ou sur les plateformes de podcast. Je vous rappelle évidemment que Nutrastream est présent sur toutes les plateformes de podcasts. Merci beaucoup, à très vite sur Nutrastream. Et vive les ingrédients de santé naturels !
Références et sources
Références et sources
Christovich A, Luo XM. Gut Microbiota, Leaky Gut, and Autoimmune Diseases. Front Immunol. 2022 Jun 27;13:946248.
Fasano A. Leaky gut and autoimmune diseases. Clin Rev Allergy Immunol. 2012 Feb;42(1):71-8.
Wang LJ, Li SC, Yeh YM, Lee SY, Kuo HC, Yang CY. Gut mycobiome dysbiosis and its impact on intestinal permeability in attention-deficit/hyperactivity disorder. J Child Psychol Psychiatry. 2023 Sep;64(9):1280-1291.
Aleman RS, Moncada M, Aryana KJ. Leaky Gut and the Ingredients That Help Treat It: A Review. Molecules. 2023 Jan 7;28(2):619.
Fasano A. All disease begins in the (leaky) gut: role of zonulin-mediated gut permeability in the pathogenesis of some chronic inflammatory diseases. F1000Res. 2020 Jan 31;9:F1000 Faculty Rev-69



Mathieu de Nutrastream